clearing  comptes non publiés cedel cldel clearstream par Denis Robert et Ernest Backes blanchiment d'argent sale par le biais des paradis fiscaux ou société offshore
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Auteur du site : Marc FILTERMAN
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 01°) Introduction de l'auteur du site
 02°) Introduction - xx/03/2001
 03°) Le Reportage
 04°) LE LIVRE
 05A°) J.T. Reportage France 2 du 01/03/2001
 05B°) J.T. Reportage France 2 du 25/05/2001
 06°) LES DERNIERES NOUVELLES
 07°) DEDUCTIONS de l'auteur de ce site
 08°) Portail des Sites
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BLACK PROGRAMS BANKS'S

 
n01°) Introduction de l'auteur du site:

Les informations présentes n'émanant pas de sources confidentielles gouvernementales ou militaires non autorisées, toute tentative de censure après publication, sur tout ou partie de ces textes, sera considérée comme une atteinte à la liberté d'expression, d'information et de communication, en violation des textes de la Convention Européenne des Droits de l'Homme en vigueur, et entraînera un recours devant cette même cour, au titre de l'Article 10:
 
 
*1) Toute personne a le droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n'empêche pas les Etats de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d'autorisation.

Ils semblent utile de rappeler une des règles fondamentales de la liberté de la presse et d'expression, alors que celle-ci semble régresser partout, y compris en France.

Date :    15/05/01 19:26:38 - Info dernière
André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM a été licencié ce soir à 18 heures.

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n02°) Introduction - xx/03/2001:

La société CLEARSTREAM a notifié à CANAL + ce jour à 21h00, son opposition à la diffusion du reportage qui va suivre, considérant qu'il porterait atteinte à sa réputation. Voici les DISSIMULATEURS, révélations sur les circuits de l'argent invisible, de Denis Robert.

Anne Gintzurberg:
Bonsoir, c'est 90 minutes pour un numéro exceptionnel ce soir, une seule enquête.

Paul Moreira:
Vous vous souvenez peut-être, il y a un an nous avions suivi deux députés français, Vincent Peillon et Arnaud de Montebourg, dans leur croisade contre les paradis fiscaux. Nous étions allé dans ces états où l'on blanchit l'argent sale, au Liechtenstein, à Monaco, au Luxembourg, et nous avions trouvé souvent porte clause et le silence gêné de banquiers trop polis.

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J-P Leperse
C'est les services secrets allemands, c'est leur rapport c'est çà, c'est la première page du rapport.

Emil Eggen, directeur de Communication à VP BANK:
Oui c'est ça.

J-P Leperse:
Qui vous met en cause vous la VP BANK, qui dit que vous êtes en relation avec des mafieux dans le monde entier, c'est ça.

Emil Eggen, directeur de Communication à VP BANK:
Oui.

J-P Leperse:
C'est ça qu'ils disent, ils n'ont pas forcément raison, en tout cas j'imagine que vous, vous pensez qu'ils ont tort.

Emil Eggen, directeur de Communication à VP BANK:
Bien sûr, qu'on a des preuves que ça, c'est pas vrai.

Anne Gintzurberg:
Cette fois nous sommes allés encore plus loin. Nous sommes passés de l'autre côté du miroir, au coeur du système bancaire, là où aucun journaliste n'est jamais allé, c'est une enquête qu'ont donc mené pendant plus de deux ans Denis Robert et Pascal Laurent.

Denis Robert:
Et ça fait quand même 16 mois maintenant j'ai compté, qu'on est là-dessus, tu vois. Au niveau des nerfs, au niveau de tout, c'est...
Donc non non c'est pas ça, c'est pas tellement par rapport à la banque, non c'est parce que peut-ête que si j'ai raté mon coup, si aujourd'hui vous avez pas la sensation intime, que ce truc, c'est une bombe. Enfin je pense, ça fait quand même un moment, et si j'ai tiré sur ce petit fil là, pendant un an et demi, c'est vraiment parce que j'avais au début la sensation et aujourd'hui la certitude, qu'on a une bombe, c'est énorme, c'est à dire...

Journaliste:
Moi mon impression, c'est qu'on passe de l'autre côté du miroir, tu vois. Je veux dire que l'on passe du côté d'un lieu opaque où se passe des trucs.

Laurent Beccaria:
Là tu as la photographie exacte, de toute la finance mondiale. C'est à dire qu'il y a pas, il y a, qui sort du point aveugle, ou tout se concentre, c'est ça. Donc on peut avoir pour la première fois, une photographie des flux. Et on s'aperçoit que la moitié sont occultes, donc on a enfin, la proportion qu'on cherchait depuis toujours, qui est de dire cette corruption, est ce qu'elle est marginale, est ce qu'elle, on ne peut pas la contester, parce qu'on ne peut pas dire c'est un fusible, c'est une banque qui était pourrie et tout, c'est justement l'endroit de confiance de toutes les banques du monde.

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Paul Moreira:
Ce qu'on vous propose ce soir c'est donc l'histoire d'une rencontre entre un journaliste, Denis Robert, et un initié. Un banquier qui a mis au point un système opaque de circulation de l'argent. Son nom c'est Ernest Backers, et pendant 17 ans, il a inventé un mécanisme qui rend l'argent invisible, et vous allez voir que ce qu'il a à nous raconter donne parfois le vertige.

Anne Gintzurberg:
Oui et puis au passage vous allez apprendre des mots nouveaux comme trillion,  c'est un peu au-dessus du milliard. Voici donc " Les Dissimulateurs ". C'est une enquête de Denis Robert et Pascal Laurent.

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Ernest Backes:
On approche grosso modo le demi milliard ou le milliard; non, le milliard de francs français.

Pierre Francotte, PDG d'Euroclear:
Ce qui correspond à des sommes assez conséquentes de l'ordre de 45 trilliards, il y a mille milliers de millions d'Euros par an.

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
C'est 9 trillions, trillion, c'est avec 12 zéros

Denis Robert:
L'histoire qui va se dérouler ici peut paraître extraordinaire, elle l'est. On pourrait croire l'argent sans mémoire, voyageant en virements électroniques, de Paris à Francfort, de Gersey à Lugano. L'incendie récent des archives du Crédit Lyonnais, a-t-il brûlé les preuves des virements ? Quelle trace laisse l'argent, surtout quand il passe d'un pays à l'autre. Même si l'argent va vite, et saute les frontières, une trace doit toujours exister. Notre enquête part de cette intuition.

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n03°) Le Reportage
 

LES DISSIMULATEURS
Un film de Pascal Lorent et de Denis Robert.
à Nathalie.
avec Ernest Backes.

Denis Robert:
Quel rapport entre les plus grands scandales bancaires des années 80 ou 90 ? Les morts suspectes du Vatican ? La libération des otages américains à Téhéran ? Les subventions du Fond Monétaire International détournés par des mafieux russes, ou le trou du Crédit Lyonnais. Ce rapport, c'est une très discrète société spécialisée dans le transfert international de fonds et de valeurs, basé au coeur de la planète financière, à Luxembourg. Ce lien entre des faits si divers, un homme va le nouer, un homme qui parle de l'intérieur du système, un initié.
J'ai rencontré Ernest Backes voici cinq ans. Il a 55 ans. Il habite un village sur les rives de la Moselle au grand Duché du Luxembourg. C'est là que nous avons réalisé bon nombre de nos entretiens. En général c'était à tour de rôle. Une semaine il venait à Metz à mon bureau, la semaine suivante j'allais dans son village. Je voulais écrire un livre sur son histoire.

Ernest Backes:
Si l'affaire Ambrosiano a joué un rôle dans le cadre de mon licenciement, c'est parce que j'en savais beaucoup trop peut-être.

Denis Robert:
Ernest était le numéro trois de CEDEL. CEDEL est une société de clearing. Le clearing est une invention de banquier. C'est une technique qui permet de transférer de l'argent, les actions, les obligations. Ernest est un des concepteurs de cette technique.
Là c'est Ernest à 30 ans. L'autre concepteur de ce système est mort dans des circonstances étranges en Corse en 1983. Il s'appelait Gérard Soisson. Il était en pleine forme. Il était en vacance dans un club Méditerranée avec ses 4 enfants. Il s'est effondré sur la terrasse de son hôtel, arrêt cardiaque, mort naturelle a conclu le médecin. Ces photos ont été prises la veille de sa mort. Aucune enquête ne sera diligentée. Ernest Backes retrouve les enfants de Gérard Soisson pour la première fois, après 17 années de silence.

Ernest Backes, 30 septembre 2000:
Ma fille a été bouleversée après la mort de votre père. Lui il voulait de toute façon me réintégrer. Moi j'ai commencé à me poser des questions, sur tout ce qui s'était passé avant le décès de votre père, et surtout dans les années auparavant. Votre père en savait beaucoup trop sur des affaires criminelles, qui se sont passées avant sa mort. Il a, et je me sens presque un peu responsable de sa mort, parce que, je dirai qu'il a, pour demander ma réintégration dans CEDEL, il a du aller trop loin.

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CEDEL

Archives RTL Luxembourg, Denis Robert:
En 1983, CEDEL engrangeait des bénéfices. Les banques étrangères ouvraient des succursales au Luxembourg. CEDEL devenait le poumon bancaire du pays. Ernest n'avait pas compris alors pourquoi lui et Soisson, avaient été éjectés du système qu'ils avaient mis en place.

Ernest Backes:
Depuis la mort de votre père, moi je me suis concentré sur la recherche de tout ce qui était crime organisé en milieu financier. Je suis tombé sur après la mort de votre père sûrement sur quelques livres qui ont parlé d'une des grosses affaires qu'on a traité à CEDEL, et jamais personne n'a parlé de CEDEL dans le contexte de cette affaire, mais c'était l'affaire Ambrosiano. Votre père...

Les enfants Soisson:
Sur une des feuilles que l'on a retrouvé, il y a marqué Ambrosiano...

Denis Robert:
Ambrosiano est une banque catholique. C'est aussi la plus grosse affaire politico-mafieuse italienne. 20 ans qu'elle pourrit le climat à Rome et au Vatican. Nous y reviendront plus tard car nous avons découvert qu'elle aurait pu être résolue, grâce aux archives de CEDEL.

Les enfants Soisson:
On s'est souvent demandé si ce n'était pas criminel son décès, mais on était jeune, on ne pensait pas, on ne savait pas...

Les enfants Soisson:
On n'avait pas de, disons on croyait aussi un peu.... disons on était sûr mais on n'avait pas les preuves, parce qu'on avait pas les moyens, qu'il y avait des choses louches...

Ernest Backes:
Dans le temps je me rappelle, il y a une source dans CEDEL j'avais appris que apparemment c'était alors le directeur général alors de CEDEL avait déjà entamé toutes les procédures pour rapatriement de la dépouille avant que même votre mère soit informée.

Carmen Soisson:
Elle allait chercher des choses personnelles et on ne l'a pas laissé rentrer dans le bureau et il passait tout par la machine pour détruire les documents.

Daniel Soisson:
Ce qui nous a choqué c'est qu'on nous a pas demandé si mon père devait  être autopsié, qu'on a vidé les intestins, qu'on a rapatrié sans qu'on est quoique ce soi à dire, ni sans que ma mère, ça été fait clac clac. Bon d'une manière on n'était pas capable à ce moment de prendre des décisions par ce que sur le ... Mais on nous a pas demandé, non plus rien.

Denis Robert:
Ce que j'ai compris laisse une sorte d'abîme sous mes pas. Il va falloir que nous courrions vite.

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NON publié ? CLEARING

Denis Robert:
Nous allons visité l'arrière cuisine du village financier. Dans cet univers impénétrable le langage est codé, et le non initié volontairement tenu à l'écart. Tout est fait pour donner l'illusion d'une très grande complexité. En fait, en s'accrochant, c'est assez simple.
Au départ dans les années 70, une centaine de banques implantées partout dans le monde ont mis en place une sorte de coopérative interbancaire appelée CEDEL, Central de Livraison des Valeurs Mobilières. Le but de CEDEL était d'organiser et de garantir le commerce international entre banques. Autrement dit de faire passer les frontières le plus vite possible à tout ce que les banquiers peuvent acheter ou vendre, des devises, des actions, mais aussi de l'or et des obligations. C'est ce qu'on appelle le clearing.

Ernest Backes:
Je sais comment fonctionne le système de clearing, comment il est construit, et tout ce qu'on peut y reconstruire, si on veut. Parce que j'ai construit avec Gérard Soisson pendant les 13 ans, les 13 premières années d'activité, ce système de clearing. Il n'y a aucune finesse du système qui m'échappe.

Denis Robert:
Avant les banquiers perdaient du temps et prenaient des risques en traitant matériellement leurs transactions. Grâce au clearing, plus besoin de se déplacer. Explications d'un cadre de BNP PARISBAS, chargé des transferts des titres, un ancien responsable de CEDEL.

Jacques-Philippe Marson, PDG Securities & services BNP PARIBAS:
L'acheteur et le vendeur décident de s'échanger une quantité de titres. A un certain moment il faudra faire que le vendeur se dessaisisse des titres et les transmettent à l'acheteur, que l'acheteur paye le vendeur, eh bien cet acte d'échanger des titres contre du cash, c'est du clearing.

29 mars 2000, Denis Robert:
La société de clearing est d'abord le lieu d'enregistrement des échanges. La première fois où  nous sommes allés filmer ce lieu, un salarié de CEDEL nous a  immédiatement demandé d'arrêter.

Salarié:
Il s'agit d'une société de clearing, et que là avec votre caméra, vous pouvez carrément aller sur les écrans.

Denis Robert:
Oui mais enfin pas pour lire ce qu'il y a sur les écrans. On fait un documentaire sur le clearing.

Salarié:
Oui mais là c'est sensible. Enfin bon je vous dis.

Denis Robert:
Pourquoi c'est sensible ?

Salarié:
Parce que c'est là que se fait les transactions internationales de titres, c'est très sécurisé.

Ensuite un vigile s'en est mêlé.

Vigile:
Oui ça vous dérange si je prends vos coordonnées, non.

Ernest Backes:
Non, non vous êtes pas autorisés à le faire, on est sur la voie publique.

Vigile:
Non mais vous inquiétez pas, je vais pas la porter aux policiers.

Denis Robert:
J'imagine bien.

Le Vigile de CEDEL/ CLEARSTREAM:
Je vais pas vous la confisquer hein. Donc vous êtes de la presse, mais pourquoi, quelle presse. Enfin vous êtes d'un journal ? Un particulier ?

Denis Robert:
On fait un documentaire pour une chaîne française.

Denis Robert:
Concernant les échanges internationaux, il n'existe que deux sociétés de clearing. L'une s'appelle Euroclear, son siège est à Bruxelles, l'autre nous l'avons vu, CEDEL est à Luxembourg. Depuis 1999, CEDEL a changé de nom, et s'appelle désormais Clearstream. Pour toute la planète financière, quand il s'agit de faire voyager des titres en passant les frontières, les banquiers qu'ils soient américains, suisses, ou japonais, utilisent donc ces deux uniques sociétés, qui se livrent une concurrence farouche. Deux monstres financiers, gérés par des banquiers pour des banquiers, enfin en principe. CEDEL Clearstream compte 1200 salariés. Euroclear 1300. Leurs PDG respectifs que nous avons très tôt cherché à rencontrer, hésitent à nous parler, veulent connaître nos questions par avance. Nous sommes à Bruxelles entre autre pour vérifier ce qui pour nous était une découverte, cette conservation de la trace des échanges financiers.

Conor Leason, chargé de communication EUROCLEAR:
Chez nous, une moyenne de peut être de 60, 70, 80.000 transactions par jour, mais pour une valeur totale journalière de 180 milliards d'EURO.

Denis Robert:
D'accord, c'est impressionnant.

Conor Leason, chargé de communication EUROCLEAR:
C'est impressionnant.

Denis Robert:
C'est trois fois plus en gros que CEDEL

Conor Leason, chargé de communication EUROCLEAR:
Plus ou moins.

Denis Robert:
Chez Euroclear aucune marque ostensible de présence, ni sigle, ni logo apparent. Le PDG d'Euroclear au quinzième étage de sa tour, est prudent et étonné qu'on s'intéresse à lui et au clearing, nous qui ne faisons pas parti de la petite caste des journalistes financiers.

Denis Robert:
C'est intéressant de voir à un moment donné quand même, matériellement ça existe. Parce qu'on a l'impression que rien n'existe.

Pierre Francotte, PDG d'Euroclear:
Ah non non, ça existe, on peut mettre le doigt dessus, euh et, non ce n'est pas virtuel, c'est réel comme information. Et Euroclear et Clearstream, et toute une série d'autres institutions financières à caractère bancaire ou quasi-bancaire, sont des institutions qui sont de nature à véhiculer des transferts d'espèces et des transferts d'actifs comme des titres non négligeables, la difficulté est toujours de pouvoir retracer ces transactions, parce que, il est clair que quelqu'un qui cherche à cacher quelque chose, aura l'opportunité de rendre ces transactions particulièrement difficiles... Pendant une certaine période s'est gardé sous forme de support informatique, disquette ou autrement, c'est gardé sous forme de microfiches, et c'est la règle effectivement.

Denis Robert:
Cette information si on réfléchit bien est explosive. car si tout est retraçable, le crime, l'argent du crime a du aussi laisser des traces. Où ? Comment ? La mort de Gérard Soisson, l'éviction d'Ernest Backes ne sont-elles pas liées à ces traces.

Bernard Bertossa, Procureur Général de Genève, 01 octobre 1996:
Des années seront en effet nécessaires à la justice de chacun des pays européens, pour retrouver la trace de cet argent, quand cela ne s'avéra pas impossible, dans le cadre légal actuel hérité d'une époque, où les frontières avaient encore un sens pour les personnes, les biens et les capitaux.

Denis Robert:
J'ai toujours cherché à comprendre le fonctionnement de ces réseaux bancaires présentés comme impénétrables. Ceux par qui l'argent file et disparaît. C'est pour ça que je m'étais lancé dans l'aventure de l'appel de Genève, qui appelait à la construction d'un espace judiciaire européen. Cinq ans déjà et quel résultat, sinon des promesses de politiques.

Renaud Van Ruymbecke, juge d'instruction:
Plus vous avez d'argent à camoufler, plus vous aurez recours à un système sophistiqué, et moins nous pouvons nous vérifier quoique ce soit. ça veut dire que tout cet argent aujourd'hui, on est incapable, personne n'est capable aujourd'hui, de déceler son origine, et de savoir où il va. Alors on en est à 50 % aujourd'hui, je crois qu'on était à 5 % je l'ai dit tout à l'heure, il y a dix ou vingt ans, bon si on fait rien, où est ce qu'on va.

Denis Robert, interprétant les propos de Baltasar Garzon, juge d'instruction:
Baltasar Garzon à une image pour symboliser le combat des juges contre les blanchisseurs internationaux. Il explique que les juges sont comme des mammouths au prise avec des léopards. Quand le mammouth arrive dans la cage du léopard, celui-ci est déjà loin et doit bien rigoler. La lenteur des juges est bien sûr liée à l'absence d'espace judiciaire commun, mais la rapidité du léopard est le fait du clearing.

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CLEARING

Luxembourg 08 mai 2000, Denis Robert:
Les actionnaires du clearing, ce sont eux. Prétextant un documentaire sur la planète financière, nous nous sommes invités à l'assemblée générale de CEDEL International. Lui, c'est Robert Douglas, l'ancien secrétaire de Rockefeller, le Président du conseil d'administration:

Robert Douglas, Président du conseil d'administration:
Avant de parler business aujourd'hui, je voulais vous signaler la présence de la presse télévisée. C'est inhabituel pour une réunion d'actionnaires, qui se déroule en petit comité, mais avec votre permission, je les autorise à filmer quelques minutes, pour inclure dans un documentaire, alors souriez et ayez l'air d'actionnaires heureux.

Denis Robert:
Nous avions rendez-vous ce jour là avec André Lussi, le véritable patron de CEDEL Clearstream. Il s'est décommandé au dernier moment. On s'y attendait un peu. David Cohen, le directeur de communication de la firme, fait savoir que le père d'André Lussi vient de mourir. Un pieux mensonge. Le même jour, André Lussi accordait des interview à la presse financière, mais nous ne sommes pas la presse financière. On nous autorise à filmer le début du show. C'est assez étrange de se retrouver là, Intercontinental Luxembourg, face aux représentants de quelques une des plus grandes banques de la planète, La Barclays de Londres, la Deutch Bank de Francfort, l'Intesa de Milan, la Credit Bank de Bruxelles, la Nomura de Tokyo, la Chase Manathan de New York, la banque Internationale du Luxembourg. Tiens voilà l'ancien Président de CEDEL, l'indéboulonnable Edmond Israël. C'est lui qui a viré Ernest Backes. C'est aussi lui qui chaque année remet un prix au leader politique européen. Clearstream aime beaucoup le faste de ces cérémonies, les discours lénifiants ventant les mérites d'une Europe en train de se faire.

Robert Douglas, Président du conseil d'administration:
Nous avons augmenté nos bénéfices pour la quatrième année consécutive pour atteindre un niveau de 27% supérieur en 1999 qu'en 1998.

Denis Robert:
Les sociétés de Clearing internationale sont la propriété des banques. Elles ne sont officiellement qu'un outil de transmission. On nous parle d'argent, de bénéfice, c'est évidemment le moment où nous devenons gênant. Nous avons dépassé le temps qui nous était imparti. Merci beaucoup au revoir. L'attaché de presse Yolande Tess, pour nous amadouer, propose une visite. Elle va nous emmener là où les journalistes ne vont jamais, dans le saint des saints. Le même endroit qu'on nous avait empêché de filmer trois mois plus tôt. Là où les transactions se nouent ou se dénouent, du moins c'est ce que Yolande nous dit.

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CLEARSTREAM

Denis Robert:
Mais ici personne ne veut vraiment nous parler. Pas d'explications probantes sur les faramineuses transactions opérés via le système informatique mis en place par Ernest Backes, et Gérard Soisson. De Clearstream, nous ne verrons que les sous-sols. Ici nous ne rencontrons que des techniciens gentils, chargés de ne pas répondre à nos questions et de nous égarer.

Denis Robert:
ça se passe où ?

Un technicien:
ça se passe dans le système, mais nous ici on ne va voir aucune transaction passer. On ne voit aucun montant, rien du tout. Pour nous, tout est transparent. Nous si on va traiter 100 dollars, ou 100 milliards de dollars sur la journée, pour nous pfff.

Denis Robert:
Et vous votre boulot ?

Un technicien:
Nous ici au niveau contenu de la transaction, on ne s'en occupe pas. Nous ce qu'on surveille, est ce que la transaction est bien passée, oui ou non.

Ernest Backes:
Ce passage est excellent, parce que dans toute la boite tu ne trouverais plus une seule personne ou même Lussi pour te dire qu'il a le contrôle sur tout ce qui se passe, sur le déroulement d'une opération. Aujourd'hui ce n'est plus possible. C'est pour ça, je crois que au moment où on m'a liquidé, au moment où on a liquidé Soisson, euh on était vraiment, quand on voit ce qui se passe aujourd'hui, on ne peut avoir vraiment que la conviction qu'on a été liquidé, parce qu'on en savait de trop. On était vraiment les deux seuls à pouvoir tout expliquer sur tout ce qui se passait dans le système.
 
 
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Clip interne, CEDEL/CLEARSTREAM

Denis Robert:
ça c'est pour la vitrine, la réalité de CEDEL/CLEARSTREAM, c'est autre chose.

COMPTES Publiés
COMPTES NON Publiés

Denis Robert:
Si les tenants du clearing international préfèrent l'ombre, c'est d'abord pour masquer la réalité de certaines de leurs activités, à commencer par des comptes non publiés. Attention notre matière est complexe, mais détonnante. Nous nous sommes procurés des documents internes à la firme. Ces documents nous ne les avons pas volé. On nous les a donné dans le but évident, de révéler ce qui apparaît comme une embrouille planétaire. Ces documents sont de deux ordres. Des listes de comptes datant de 1995 et de 2000 avec leurs adresses de postales. Tous les comptes officiels et officieux de la firme y sont répertoriés. Ces listes vont nous permettre de recenser les clients de la firme, et parmi eux, ceux qu'on ne veut pas nous montrer. Nous nous sommes également procurés des microfiches, en voilà. Les microfiches révèlent des transactions. Pour retrouver les transactions de CEDEL/ CLEARSTREAM, nous avons comparé les listes officielles transmises aux clients, et celles que nous nous sommes procurées, par nos propres moyens, et là première surprise. En 1995 comme en l'an 2000, certains comptes et certains clients sont publiés, et d'autres ne le sont pas. 2500 banques et sociétés financières diverses représentants 105 pays, adhéraient au système luxembourgeois en l'an 2000. Des comptes il y en avait d'après nos listes, près de 5000 en 95, et 3 fois plus aujourd'hui. La moitié seulement de ces comptes existent officiellement. Mais plus intéressant encore, certains clients n'apparaissent jamais. Ils font du commerce, achètent et vendent des valeurs d'un pays à l'autre, dans le plus parfait anonymat. Des centaines de clients de tous pays, des banques, mais aussi nous le verrons des sociétés, n'apparaissent jamais dans aucun document accessible à d'autres regards, qu'à ceux des participants aux transactions, le vendeur, l'acheteur et CEDEL/CLEARSTREAM.

Denis Robert:
En vérité, des banques, des sociétés bizarres d'ailleurs qui n'ont que des comptes non publiés, qui dépendant d'aucun compte principal, ça signifie quoi ça ?

Jacques-Philippe Marson, PDG Securities & Services BNP PARIBAS
C'est bizarre.

Denis Robert:
Regardez, il y a les banques russes qui sont dans une liste, les banques colombiennes, les banques des Barbades, les banques des îles Cooks de Jersey, il y a que ça dans CEDEL CLEARSTREAM.

Jacques-Philippe Marson, PDG Securities & Services BNP PARIBAS:
Bon ben ça c'est peut être plus un argument probant, que tout ce qui a été dit précédemment.

Denis Robert:
(rire) Mais sinon.

Jacques-Philippe Marson, PDG Securities & Services BNP PARIBAS:
On revient, on revient sur un des principes que je vous ai dit, c'est l'identité du propriétaire du compte, la nature de l'opération qui est faite. Si vous me dites que toute une série de clients douteux sont membres de telle ou telle organisation, bon ben là, c'est un sujet beaucoup plus spécial. Mais à vous de démontrer que ces clients sont douteux. Parce que en fait, ce n'est pas parce que une banque colombienne ouvre un compte dans un organisme de compensation international, que, il y a des banques colombiennes de bonne réputation, hein!

Denis Robert:
Jacques-Philippe Marson est également administrateur d'Euroclear. En mars dernier, j'avais lu à Ernest les premières pages du livre.
 
La démonstration qui va suivre tend à prouver, les mots que je vais choisir me brûlent, qu'un système de dissimulation et de blanchiment a été mis en place et utilisé par, et avec la complicité, des dirigeants de ces banques. Il importe de dire que les victimes de ces systèmes, sont d'abord les états, qui n'ont pu percevoir des revenus fiscaux sur les opérations financières, et aussi et surtout, les centaines de milliers d'actionnaires et d'épargnants, qu'on a sciemment trompé et lésé. 

Denis Robert:
Tu vois je cartonne.

Ernest Backes:
Oui, non c'est je proposerai certains changements de terme, mais grosso modo, c'est ça.

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COMPTES NON PUBLIES

Denis Robert:
J'appelle Jean-Claude Philippi, le délégué du personnel.

Denis Robert:
Monsieur Philippi ?

Jean-Claude Philippi, délégué du personnel:
Oui.

Denis Robert:
Vous êtes bien le délégué du personnel de Clearstream ?

Jean-Claude Philippi, délégué du personnel:
Oui.

Denis Robert:
Je fais un film sur le clearing et disons un peu sur CEDEL, est ce qu'on pourrait se rencontrer, pour en parler.

Jean-Claude Philippi, délégué du personnel:
Vous êtes journaliste ?

Denis Robert:
Oui c'est ça, oui.

Jean-Claude Philippi, délégué du personnel:
Ah, ben non, non, non là je ne peux pas vous voir, bon si, j'ai un ordre stricte de ne pas parler aux journalistes.

Denis Robert:
Ces histoires de comptes non publiés, personne ne veut nous en parler.

Armand Drews, responsable syndical:
ça on m'a raconté, mais je ne peux rien dire là-dessus, car j'ai aucune idée de ce qui se passe au niveau de la comptabilité, là.

Denis Robert:
C'est le genre de chose qu'on vous a raconté.

Armand Drews, responsable syndical:
Oui moi là, je peux rien dire là dessus, parce que c'est trop délicat pour moi, parce que je travaille pas à l'intérieur de la CEDEL.

Denis Robert:
Personne ne veut nous en parler, ou alors c'est dans des termes tellement alambiqués, qu'il faut prêter l'oreille pour comprendre, que les comptes publiés et les comptes non publiés peuvent faire l'objet de comptabilités séparées.

Jean-Philippe Boever, ancien conseiller juridique de CEDEL:
Aujourd'hui tout ce qu'on peut dire sur les comptes publiés et les comptes non publiés et les éventuels départs qui y aurait eu en rapport avec cela, c'est très clair, si les comptes publiés, sont les seuls a être consolidés dans un bilan, de CEDEL, alors qu'il existe, des comptes en parallèle qui sont non publiés, qui créent une valeur ajoutée, donc forcément un revenu fiscalement imposable, etc, etc, mais qui n'existe pas au niveau de la comptabilité de CEDEL, ... à ce moment là oui, y a effectivement avec le peu que j'en sais, et de mon point de vue d'observateur très lointain, je peux très bien concevoir qu'il y ait un sérieux problème.

Denis Robert:
Jean-Philippe Boever a quitté la firme en 1993. Personne ne veut nous en parler, ou alors c'est caméra cachée, voix trafiquée. Lui c'est un ancien salarié de CEDEL. Nous avons eu beaucoup de mal à le retrouver. Il a eu un moment le titre honorifique de vice-président.

Ex-vice-président:
On peut utiliser les comptes normaux, ainsi que les comptes non publiés pour faire un lavage normal. Les comptes non publiés servent pour faire, comment dire ça en français, un lavage plus blanc que blanc. ça dépend de la couleur de l'argent.

Denis Robert:
Mais on peut aussi dire que des comptes non publiés, peuvent aussi avoir d'autres utilités que le blanchiment. Si on a un compte non publié, ça ne veut pas forcément dire qu'on blanchit. ça veut dire qu'on dissimule ?

Ex-vice-président:
On dissimule ? dissimuler c'est, pourquoi on dissimule ?

Denis Robert:
Ben ça peut être un service secret qui...

Ex-vice-président:
Ben c'est illégal si on dissimule c'est illégal.

Denis Robert:
On peut dissimuler en choisissant à la limite de la légalité.

Ex-vice-président:
Alors là, dans le monde bancaire, non. C'est de l'illégalité.

Le seul et le premier à nous en avoir parlé, c'est Ernest Backes. La première fois devant la caméra, c'était l'hivers dernier, en voiture. On cherchait la société qui détruit les archives des banques luxembourgeoises.

Ernest Backes:
Moi je veux bien sortir sur un bout de papier, les comptes publiés, et les comptes non publiés du Crédit Lyonnais. Et à ce moment là, si on pouvait parler à Eva Joly, et lui demander si elles est au courant de ces investigations, elles est tombée sur des extraits qu'elle ne savait pas interpréter, où apparaisse ces numéros, à 5 chiffres, ces numéros de compte.

Denis Robert:
Les comptes non publiés sont un point d'ancrage dans notre histoire. De l'argent et des valeurs passent par là, loin des regards importuns, fax monnaie, no monnaie, rien à voir, tout à compter. A l'origine pourtant les comptes non publiés ont été créés pour faciliter les échanges entre les banques et leurs filiales. Puis on s'en est servit pour se protéger de la concurrence, rien d'illégal jusque là.

Denis Robert:
30 mai 2000, Ernest, 2 mois plus tard.

Ernest Backes:
Pourquoi on publie les comptes et qu'elle est la distribution de la liste des comptes publiés ? Ben c'est très simple, CEDEL a été conçu comme une coopérative. Si tu travailles dans une coopérative, tu dois connaître les noms adresses des autres coopérateurs avec lesquels tu es censé coopérer au sein de la coopérative. Les comptes non publiés ont été créés par Soisson et moi-même, sur demande de deux banques italiennes au milieu des années 70.  Les comptes non publiés à mon avis et au moment de mon licenciement et depuis lors je, ont toujours été mon soucis parce que, avec cette possibilité d'avoir des comptes non publiés dans un tel système, je me disais toujours si jamais quelqu'un de malhonnête, arrive à la tête d'un tel organisme, il peut utiliser la facilité technique, que toi et Gérard Soisson avez créé, à d'autres fins, que celles très logiques, pour lesquelles elles ont été fondées. Tout c'est bien passé jusqu'à l'arrivée en octobre 88, André Lussi est intégré dans CEDEL... Lussi était seul maître à bord. A ce moment là je reçois très peu de temps après, des avertissements, des alertes de mes contacts dans CEDEL qui me disent,y a abondance dans le registre des comptes non publiés.

Denis Robert:
Si des comptes non publiés existent et ont proliféré, c'est parce que des banquiers l'ont voulu, et parce que les hommes politiques luxembourgeois ont fermé les yeux.

Ernest Backes:
Au départ, sur base de l'analyse de la liste, je trouve l'existence d'au moins de douzaines de comptes non publiés. A quoi servait maintenant ces comptes ? Là on devrait retourner sur les autres éléments de recherches dont je dispose pour voir ce qui se passe dans certaines périodes très concernées par les affaires dites du Crédit Lyonnais, surtout particulièrement ces comptes non publiés, parce que je pouvais m'imaginer qu'avec tout ce qui s'est passé chez le Crédit Lyonnais, ces comptes non publiés sont vraiment la source où devrait aller voir un juge enquêteur, plutôt que sur les comptes publiés qu'on va lui montrer, lors de la recherche.

Denis Robert:
En lisant le règlement intérieur de la firme, on trouve discrètement mentionné, la possibilité de bénéficier de comptes non publiés.
 
 
Sur demande et à la discrétion de CEDEL Bank, le client peu ouvrir un compte non publié. Les comptes non publiés ne figurent dans aucun document imprimé, et leur nom ne figure dans aucun rapport.

Denis Robert:
Autrement dit l'argent peut devenir invisible. Les comptes non publiés sont un verrou supplémentaire. Dans ceux auxquels nous avons eu accès, plusieurs surprises. On trouve vraiment de tout dans le comptes non publiés de CEDEL/CLEARSTREAM. Nous avons retrouvé 32 comptes non publiés en 1995 pour le crédit Lyonnais dont les investissements hasardeux, ont coûté 140 milliards de francs aux contribuables français. Personne n'est jamais allé chercher leurs traces dans les archives de CEDEL / CLEARSTREAM. Quel est l'intérêt pour le Lyonnais, d'avoir un compte non publié à Manille, ou sept autres à Luxembourg, ou encore douze à Londres. On trouve aussi des multinationales. Là, les liste de 1995 en notre possession, montrent clairement que la loi luxembourgeoise est transgressée, puisque seules les banques et les professionnels du secteurs financier ont en principe le droit d'adhérer à CEDEL/ CLEARSTREAM. Tiens, le géant de l'électroménager allemand Siemens. Voilà un des comptes non publiés, du client non publié UNILEVER, le mastodonte hollandais, multinationale de l'agroalimentaire. Les Thé Lipton, minute soupe, ceux la mêmes qui licencient à tour de bras en ce moment à Poitier dans le Nord de la France.

Remarque de Marc Filterman: Peu de monde se rappelle de cette affaire, mais il y a quelques années, une filiale de Siemens AG, Crypto AG a été accusée de travailler pour la NSA. Par la suite on découvrit que c'est précisément Siemens qui paya la rançon exigée par les iraniens, pour la libération du directeur commercial qu'ils avaient kidnappé à l'époque. Le matériel de cryptographie vendu à l'Iran, avait en effet été piégé. Il est donc possible que le matériel vendu à des pays en europe soient lui aussi piégés. On a beaucoup parlé de l'Angleterre, mais on oublie un peu vite qu'il y a 6 bases en Allemagne qui travaillent pour le réseau Echelon, et donc la NSA. Cela expliquerait qu'une société non financière dispose d'un compte non publié, ce qui est illégal selon les conventions en vigueur au Luxembourg. J'ai d'ailleurs pu constater que Siemens a un partenariat avec une des filiales d'une société américaine, qui travaillent pour les militaires ou autres services secrets américains.

Renée Warny:
Actuellement c'est 25.000 en Europe et à peu près 2500 en France.

Denis Robert:
Ou est passé l'argent qui ne va pas aux salariés ? Passé par les comptes non publiés de CEDEL CLEARSTREAM, doit probablement aider les actionnaires d'UNILEVER à s'enrichir encore davantage. Les français ne sont pas en reste. Voilà le compte non publié du groupe Accord Wagons Lits. Mais on trouve aussi des comptes de ministère dont on se demande ce qu'il font là. Là le Ministère du Trésor Luxembourgeois. On trouve aussi des centaines de sociétés off shores, logés dans tous les paradis fiscaux de la planète.

Ernest Backes:
Alors moi je vois, à une telle politique, qu'une raison d'être, c'est de vouloir cacher le cas échéant, lors d'une recherche effectuée par Interpol, des transactions qu'on ne voulait pas montrer.

Denis Robert:
Peu de choses sont interdites aux banquiers et aux financiers ici bas. Nous sommes au Luxembourg. Les sociétés de contrôle existent. Tout le problème est de savoir ce qu'elles contrôlent et ce qu'elles comprennent. Selon nous et les initiés rencontrés pour ce film, pas grand chose. On trouve de tout dans les comptes non publiés de CEDEL CLEARSTREAM, même des banques russes très liées à la mafia.

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MAFIA

Denis Robert:
La MENATEP a ouvert un compte chez CEDEL en 1997. Deux ans plus tard éclatait le scandale du FMI.  Comment des mafieux russes ont détourné 10 milliards de dollars, du Front Monétaire International. Au coeur de la Tourmente, cette MENATEP, banque privée russe, par où serait passé l'argent, qui finalement a atterri d'après l'enquête du FBI, dans des paradis fiscaux, Gersey ou les îles vierges. Cette MENATEP, c'est une des révélations de nos listes, possède un compte non publié à CEDEL CLEARSTREAM. Elle est également un client caché de la firme luxembourgeoise, qui ne fait jamais apparaître son nom dans aucun document. En dehors des banquiers russes, et de rares initiés à la tête de la firme, personne donc ne saît que la MENATEP, se sert de CEDEL CLEARSTREAM pour transférer ses avoirs vers l'étranger, ni vu, ni connu. Aucun enquêteur ne c'est jamais penché sur cette appartenance,  de la MENATEP à CEDEL CLEARSTREAM, et sur la question des traces laissées sur les microfiches au Luxembourg.

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LE BOSS

Denis Robert:
Après bien des difficultés, l'administrateur délégué de la firme luxembourgeoise, celui qui nous avait fait faux bond au moment de l'assemblée générale des actionnaires, accepte une entrevue. Nous ne savions pas alors ce que nous savons aujourd'hui.
C'est une première rencontre.

18 juillet 2000, André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Vous savez nous avons des prescriptions légales qui sont très sévère, lorsqu'il s'agit de blanchiment d'argent par exemple. Nous avons l'obligation légale de vérifier, de voir le plus que nous pouvons, de voir que tout l'argent qui rentre, est de l'argent qui est justifié. ça commence déjà avec qui nous acceptons comme client. Nous acceptons pas tout le monde comme client. Donc il faut avoir des banques qui sont bien situées, qui ont une bonne renommée, qui ont un rating, qui seront sûrement acceptées, et puis nous avons un comité de crédit d'acceptation, où des banques mondiales sont représentées, où nous vérifions si ces banques, et ces broker dealer qui veulent rejoindre notre système, sont vraiment en ligne avec nos prescriptions.
(broker dealer: intermédiaire vendeur)

Denis Robert:
Il y a des sociétés aussi ?

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Non.

Denis Robert:
Aucune société ne peut

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Non.

Denis Robert:
A CEDEL Bank, une société ne peut pas avoir un compte ?

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Non, non c'est seulement des banques et puis des organismes de crédit qui sont clients chez nous.

Denis Robert:
Est ce qu'il y a des banques russes ou de paradis fiscaux, ou des banques colombiennes qui sont dans CEARSTREAM ou est ce que vous faites des barrages à ce niveau là.

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Je peux vous dire que premièrement je ne peux pas vous donner de détail parce que nos clients demandent la confiance, c'est la première chose. Deuxièmement vous pouvez être sûr que nous ne traitons pas des affaires avec des banques qui n'ont pas une renommée qui peut être respectée par tout le monde. Là vous pouvez être sûr, et puis ceci est bien supervisé par les autorités, ceci est bien supervisé par nos comités d'admission et de crédit, qui sont composés de banques d'une renommée mondiale... Tout système n'est pas 100%, à 100 %  mais je peux dire sûrement jusqu'à présent, et puis c'est pour que j'estime qu'il y a une renommée qui est excellente, et puis d'autres sociétés de ........ comme par exemple EUROCLEAR, qui a des mesures qui sont très bonnes aussi, pour exactement éviter ça, mais on ne peut jamais garantir  100 %. Voilà, merci beaucoup. Si vous avez des questions, vous téléphonez.

Denis Robert:
En fait cet entretien sera le seul que nous accordera André Lussi.

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AMBROSIANO

Denis Robert:
Parmi les premiers banquiers à s'être déplacé à CEDEL Luxembourg, Ernest Backes et Gérard Soisson, ont fait connaissance à la fin des années 70 de Robert Tocaldi, le patron de l'Ambrosiano, et de Michelli Sindonna, un des principaux banquiers de la mafia. La Banko Ambrosiano est une des banques fondatrices de CEDEL. Son patron, Robert Tocaldi, a succédé à Michelli Sindonna, comme conseiller occulte du Vatican. ça aussi, peu de gens le savaient. Mais Soisson, lui, l'avait très vite pressenti. Les deux banquiers italiens, vont très vite comprendre les intérêts du clearing, discrétion, rapidité, discrétion surtout. Tocaldi et Sindonna ont été assassinés. Le premier sous ce pont à Londres en 82, le second par une tasse de café au cyanure, dans sa prison italienne en 85. On sait aujourd'hui que le VATICAN leur a servi de caution, pour des opérations douteuses, et a touché des dividendes pour ces services rendus. Et CEDEL dans tout ça. CEDEL copte les points et se charge des transferts hors frontières italiennes. Gérard Soisson fera aussi la connaissance en 1980, de Monseigneur Paul Martincus, surnommé le gorille du PAPE, lors d'un conseil d'administration de CEDEL au VATICAN.

Ernest Backes:
Avant sa mort, il en savait beaucoup plus sur l'affaire Ambrosiano, parce qu'il avait participé à des réunions où il a rencontré beaucoup de ces joueurs sur le terrain, entre autre Monseigneur Marcincus, lors d'une réunion, lors d'une assemblée générale au VATICAN.

Denis Robert:
Le VATICAN a pourtant sa propre banque, l'IOR, Institut pour les Oeuvres Religieuses. Mais pour ses transferts de fonds à l'étranger, le VATICAN ne passait jamais par l'IOR, mais toujours par des banques italiennes adhérente à CEDEL. Malgré les enquêtes, personne n'a pu dire les responsabilités de chacun dans cette histoire. Où est passé le milliard trois en dollars disparu suite à la faillite de l'Ambrosiano. Après les morts de Tocaldi et Soisson, l'IOR, la banque du VATICAN, adhérera directement à CEDEL, et fera exécuter ses virements internationaux par la firme luxembourgeoise, comme le montre ce document. Personne n'est encore jamais allé voir ces archives. Les juges italiens se sont toujours heurtés à l'opacité du système. Soisson lui devait savoir. Ernest qui vit depuis avec ses doutes, quant à la mort de son collègue de CEDEL. On trouve de tout chez CEDEL CLEARSTREAM. On trouve aussi des otages américains.

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OTAGES

Ronald Reagan, Président des Etats Unis:
Depuis 18 mois maintenant, nous avons renoué avec l'IRAN des relations secrètes et diplomatiques. Nous avons fait cela pour la simple et bonne raison, que nous voulions assurer le retour des otages sains et saufs. Nous n'avons et je le répète, jamais échangé d'armes, ou quoique ce soit d'autre contre les otages, et ne le feront jamais.

Denis Robert:
Ronald Reagan pris en flagrant délit de mensonge d'état. Jimmy Carter était encore Président quand 52 otages vont être séquestrés à l'ambassade américaine de Téhéran. Reagan est élu en novembre 80. Les négociations secrètes ont eu lieu. Grâce à CEDEL Ernest est chargé de la livraison d'une partie de la rançon, vers une banque algérienne, puis vers une banque iranienne. C'était le 18 janvier 1981, 2 jours après, les otages seront libérés.

Ernest Backes:
Il disait cette opération qu'on te demande, est très importante parce qu'elle touche au problème de la vie des otages iraniens. C'est pour ça qu'on te demande donc de transférer entre des comptes de la CITIBANK et de la Chase Manhattan un total de 7 millions en valeur mobilière contre 5 millions je ne sais plus quelle qualité, titres, c'était, qualité d'émission, mais c'était 5 millions pour l'une des banques, 2 millions pour nous... Il était précisé pour ces 7 millions que ça faisait parti d'un montant de rançon, dont je n'ai jamais appris le montant total. Quelqu'un m'a dit un jour que c'était 150 millions de dollars en rançon. J'envoyais le télex à la banque nationale d'Algérie, je leur dis je vais vous envoyer tel et tel poste titre, et le télex est de retour dans les 5 minutes et ils me disent, halte, stop, on ne connaît pas l'opération. On ne sait pas de quoi vous parlez. Un quart d'heure plus tard la banque d'Algérie m'appelle au téléphone pour me dire, vous devez nous excuser, on n'était pas encore au courant, on est au courant maintenant. Donc j'étais vraiment le premier, de part le monde, sur les peut être 150 millions, j'étais le premier à informer l'institut concentrateur, de cette rançon, du fait que j'étais disposé à mettre à leur disposition une tranche de 7 millions de dollars. ça c'est pas une transaction, il n'y a absolument rien... Elle est secrète. ARCHI secrète même. Elle l'était. C'est vrai

Denis Robert:
Quelque soit la nature de l'argent, CEDEL CLEARSTREAM assure le secret du transport.

Ronald Reagan, Président des Etats Unis:
Nous n'avons et je le répète, jamais échangé d'armes, ou quoique ce soit d'autre contre les otages, et ne le feront jamais.

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MEMOIRE DE L'ARGENT

Denis Robert:
La mémoire de cet argent se trouve inscrite dans les archives du clearing. Toutes ces affaires, Ambrosiano, otages américains, MENATEP et les autres qu'on ne connaît encore pas, on laissé des indices, que CEDEL CLEARSTREAM a gravé sur microfiches. D'ailleurs André Lussi sans le savoir, nous avait fait lors de notre unique entretien, une sacré révélation.

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Tout est tracé, chaque mouvement d'argent, chaque mouvement de papiers à valeur, doit toujours être au centime près. Il n'y a pas de différence, tout est tracé, tout est enregistré, donc on sait exactement tout ce qui se trame. Aujourd'hui c'est beaucoup plus sûr, parce que c'est enregistré n'est ce pas. A l'époque peut être les papiers disparaissaient quelque part. Aujourd'hui, ce n'est plus possible parce que tout est enregistré, tout est fait deux fois, tout est storé dans des lieux qui sont très bien gardés, donc c'est beaucoup plus facile aujourd'hui de voir ce qui s'est passé.

Denis Robert:
Des microfiches, grâce à Ernest et à ses amis, nous en avons retrouvé. La liste donne les identités des clients. La microfiche livre le montant et la nature des transactions, et parfois même l'identité des bénéficiaires ultimes. Les microfiches en notre possession, couvre une dizaine d'années d'archives. Elles tiennent dans le coffre d'une voiture de moyenne gamme. Nous en avons exploité qu'une infime partie. Notre but ici est de montrer que ce que nous avons pu trouver, avec des moyens clandestins et artisanaux, d'autres mieux équipés et plus officiellement missionnés, pourraient en décrypter mille fois plus. La preuve que nous ne rêvons pas, la voici.

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AFFAIRE BCCI

Denis Robert:
C'est la plus grosse banqueroute de la mondialisation naissante. L'affaire de la faillite de la BCCI. Une Banque pakistanaise surnommée banque du crime et de la corruption, 100 milliards de dollars à la trappe. Des milliers de clients et de salariés d'une des banques les plus solide de la planète financière, se retrouve avec des comptes subitement à zéro. Leurs salaires comme leur épargne a disparu. Au départ, les policiers américains montrent que la filiale en Floride de la BCCI, blanchit des montagnes de narco- dollars colombiens.

Robert Morgenthau, procureur général de New York:
C'est la plus grande banqueroute de l'histoire financière mondiale.

Denis Robert:
L'effet domino est immédiat. Les 73 sièges de la BCCI sont fermés et placés sous scellés, en particulier celui de la maison mère à Luxembourg, siège du Holding. Interdiction d'opérer toutes transactions. Nous sommes le 07 juillet 1991.

Ernest Backes:
La Bank of Credit and Commerce International du Luxembourg qui apparaît donc pour se trouver là, d'abord une transaction sur un crédit coupon, et puis nous trouvons alors qu'il ne devait pas y avoir de transactions, de débits sur le compte, nous trouvons une longue liste de 157 postes qui tous sont transférés vers un compte client BGL (à la date du 08/08/91), c'est à dire un compte non publié de la Banque Général du Luxembourg. C'est donc un créancier privilégié à ce moment là qui est servi par la BCCI. Alors à ce moment là, comme on était à un mois et un jour après la liquidation seulement de la BCCI, on peut se poser toutes les questions, qui était ce créancier privilégié, mais c'est pour un total de 100 millions de francs français, donc c'est déjà un créancier, un client assez important de la banque. Mais qui c'est, le grand mystère.

Denis Robert:
Tout cela arrive sur un compte non publié de la Banque Général du Luxembourg, géré par Marcel Marthe, un ancien ministre de l'économie, alors administrateur de cette banque. Il en deviendra le Président un an plus tard. Marcel Marthe est également très proche de la famille royale grand ducale. Il a longtemps été l'administrateur des comptes du Grand Duc. Je lui ait écrit.
 
 
 
Monsieur le Président,

Alors que la BCCI était sous scellés et dans l'interdiction de procéder à toute transaction, vous auriez perçu un remboursement de titres pour un montant de cent millions de francs français. Je voudrais savoir si vous voulez réagir à cette information, et ce que vous avez fait de ce virement.

Vous étiez à cette époque le gestionnaire de la fortune de la famille royale du grand ducale. Me confirmez vous cette information ?
 

Trois mois après l'envoi de cette lettre recommandée, pas de réponse.
 

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LUXEMBOURG

Denis Robert:
Au Luxembourg le silence est une vertu, le sourire poli aussi. Au Luxembourg on remet des médailles aux marchands d'armes américains. Au Luxembourg les partis au pouvoir on toujours eu des liens étroits avec les banques. Au Luxembourg les banquiers sont des amis qu'on veut protéger, de tous ceux qui cherchent des noises. Au Luxembourg on est fier de sa noblesse. Au hit parade des fortunes personnelle des têtes couronnées, le Grand Duc Jean est passé numéro deux, juste derrière le Prince du Liechtenstein, mais devant la Couronne Anglaise. Et l'église catholique veille sur ce petit monde, tranquille et prospère. Lui, c'est Marco Marthe, le neveu de Marcel Marthe, fils du député René Marthe, cousin de la présentatrice du journal télévisé de RTL, Caroline Marthe. Spolié par une banque, en rupture avec sa famille, il se heurte depuis 7 ans au système judiciaire de son pays. C'est Marco qui l'a présenté à nous. C'est grâce à lui que je me retrouve dans cette histoire.

Marco Marthe:
Ou bien on vit de la place financière ou bien on en crève. Il n'y a pas une solution intermédiaire. Au Luxembourg ça n'existe pas. Ou bien tu es d'accord avec tout ce qui se fait même si tu sais en silence ou de manière fortuite, tu es d'accord avec ce qui se passe, on te fout la paix. Mais dès que tu commences à t'intéresser et à dire à voix haute, que haut, ça n'est quand même pas juste, il risque de t'arriver ce qui est arrivé à Ernest justement.

Ernest Backes:
Dans le monde de la finance certaines pratiques sont devenues tellement courantes, qu'on a dédramatisé depuis longtemps. Il y a beaucoup de gens qui ont conscience du système qui ont abandonné depuis longtemps, de combattre ce qui se passe là, et qui nous dirons mais à quoi bon, tu peux plus t'opposer contre tout ce qui s'est fait. Tout est tellement institutionnalisé, c'est dire qu'on devrait admettre que le crime organisé est déjà dans nos meurs, est déjà tellement institutionnalisé que ça ne vaut plus la peine de se dresser contre le crime organisé.

Denis Robert:
Le duo clearing international, paradis bancaires, offre des poches d'opacité, à la disposition des seuls initiés, les banques, les multinationales, les sociétés troubles. Y a-t-il un ou des tireurs de ficelles, ou le système est il le plus fort ? Un système toujours opérationnel, rodé, amnésique. On s'en sert entre initiés. C'est le danger qu'avait soulevé en leur temps, Ernest Backes et Gérard Soisson. Je repense à Gérard Soisson, mort, enterré, oublié. Qu'est devenu sa société de clearing ? Celle qu'avec Ernest Backes il avait fabriqué ?

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LES INITIES

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
CLEARSTREAM a une renommée qui est excellente, et puis d'autres sociétés de ....... comme par exemple EUROCLEAR, qui a des mesures qui sont très bonnes aussi.

Pierre Francotte, PDG EUROCLEAR:
EUROCLEAR est le leader mondial aujourd'hui, dans le métier du règlement de livraison de clearing comme on l'appel transfrontallier.

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Il ne peut pas dire ça, parce qu'on ne publie pas les chiffres, ça c'est la première chose.

Pierre Francotte, PDG EUROCLEAR:
Nous brassons de l'ordre de 80.000 transactions par jour, pour une valeur de 180 milliards d'euros pas jour, ce qui correspond à des sommes assez conséquentes, de l'ordre de 45 trilliards, milliers de millions d'euros par an.

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Nous avons 145 millions de transactions cette année, ça c'est la première chose. Deuxièmement, la valeur, les valeurs papiers que nous avons, dans notre système, qui sont déposés chez nous, c'est 9 trillions, trillions c'est avec 12 zéro, d'euro, et puis d'après nos informations, ils ont à peu près 3,5. Donc la proportion est complètement différente.

08/08/2000, Denis Robert:
Je veux vérifier le bien fondé de nos découvertes à propos du CLEARING. Avec Ernest, nous sommes allez à Genève, voir Bernard Bertossa, le procureur élut ici depuis neuf ans, qui a fait de la lutte contre le crime organisé, son principal cheval de bataille.

Ernest Backes:
Il faut voir finalement, que certains des participants dans le système de clearing, surtout CEDEL, pas EUROCLEAR, je dirai que EUROCLEAR a à mon avis toute cette pègre financière, qui est clientèle chez elle, que la clientèle de CEDEL. J'ai un matériel didactique, à votre disposition, pour vous guider en cas de rogatoire, qui vous amène sur la place du Luxembourg. Allez voir à un endroit, où tout ce qui est transfrontallier, passe par un endroit, et où vous avez la chance de retrouver pas seulement la finance tout court, mais également la finance parallèle.

Procureur Bertossa:
Si un juge luxembourgeois ordonnait la perquisition chez CEDEL, je pense pas que CEDEL refuserait de donner l'information. Le problème ce serait techniquement de pouvoir désigner les informations nécessaires. C'est là qu'intervient des gens comme vous. Qui pourrait dire aux juges, voilà quelles sont les informations qu'il faut demander.

Ernest Backes:
Commençons par les comptes non publiés par exemple du Crédit Lyonnais, Eva Joly par exemple pourrait poser à Lussi la question, est ce que vous pourriez me donner la liste des comptes, les précomptes dont dispose les Crédit Lyonnais dans vos livres, simple question. Pour voir si la liste des 23, ou la liste des 23 plus...

Procureur Bertossa:
Oui mais Monsieur Van Ruymbecke n'est pas l'autorité de contrôle de CEDEL, il n'est pas là pour piéger CEDEL. Donc s'il pose une question à CEDEL, il faut que cette question est une pertinence, à l'égard des éléments constitutifs d'infractions qu'il poursuit. Qu'est ce que CEDEL peut nous dire, petit a, que personne d'autre peut nous dire, petit b, mieux que d'autre pourrait nous dire.

Denis Robert:
A mon retour, après un voyage à Londres où se bouscule le gratin de la presse financière, j'écris à André Lussi à propos des comptes non publiés. Je l'interroge sur les raisons de leur incroyable proportion dans CLEARSTREAM, où selon nos listes, 50% des comptes ne sont pas publiés. Je l'interroge aussi sur la présence de multinationales, adhérant directement à son système. Je lui fait enfin remarquer que certains professionnels du milieu bancaire, mette en doute. l'efficience des contrôles extérieurs de sa comptabilité. Je conclus par ces mots.
 
 
 
Je vous pose ces questions brutalement, mais je me voyais mal continuer ce travail sans vous en faire part. Nous pourrions, si vous le souhaitez refaire une interview à une date à votre convenance, où ces sujets seraient abordés.

J'espérais une réponse, une nouvelle rencontre rien.
 

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LA LOI DU SILENCE
16/10/2000, Denis Robert:
Je fais le tour des anciens de CLEARSTREAM, susceptible de me parler du système. Ils sont méfiants, suite au passage quelques années plus tôt, d'un journaliste payé par André Lussi.

Denis Robert:
A l'époque vous aviez déjà peur d'André Lussi ?

Joseph Zimmers:
Ah oui, Ah oui.

Denis Robert:
Lui, c'est Joseph Zimmers un ancien dirigeant de CEDEL, aujourd'hui PDG de la Cetrel, une société spécialisée dans la fabrication, et le traitement des cartes bancaires.

Joseph Zimmers:
C'était, quelqu'un m'a téléphoné, il a dit moi je suis un journaliste, d'un journal anglais...

Denis Robert:
Cohen est ce journaliste que Lussi a débauché et que nous avons rencontré chez CLEARSTREAM. Il s'est servi d'une enquête pour le journal Euromoney, pour aider André Lussi à se débarrasser de cadres devenus gênants. Cohen est devenu directeur de communication de la firme. Coup de téléphone à un autre ex-salarié, qui nous dit de nous méfier.

Un témoin anonyme:
Il faut savoir que le gars est assez dangereux

Denis Robert:
Je sais, c'est ce qu'on me dit, on me parle même de dangers physiques de tout ça, mais bon, j'ai l'impression que c'est du mauvais roman çà, en tout cas...

Un témoin anonyme:
Non, non, non, non, ça je peux vous assurer qu'il y a des pressions physiques qui ont été exercées par le bonhomme.

Denis Robert:
Chez les anciens de CEDEL, l'animosité envers André Lussi est palpable. En 1992, Jacques Philippe Marson était le numéro deux de CEDEL, juste derrière Lussi, le nouveau PDG.

Jacques-Philippe Marson, PDG Securities & services BNP PARIBAS:
De 89 à 92 je suis passé la bas. Je vous dis d'abord en âme et conscience d'abord je ne serai pas resté une seconde si j'avais eu connaissance de quoique ce soit de cette nature. J'ai eu connaissance d'élément, de pratique managériennes de Lussi, y compris de payer des journalistes de truc comme ça, et ça me dérangeait fortement, mais de la fraude, utiliser l'organisation, pour faire des grandes opérations de fraude, je n'en n'ai pas eu connaissance ou conscience une seule seconde, moi. J'étais quand même directeur général.

Denis Robert:
Ce troisième homme, est un expert en comptabilité et en informatique, licencié par Lussi, le milieu bancaire luxembourgeois l'avait banni.

Un témoin anonyme:
CEDEL ne vérifie pas. Les banques russes envoient des milliards. CEDEL ne vérifie pas, l'argent rentre dans le système, ça tourne une fois et c'est clean. A la place de leur argent sale ils ont des titres, qu'ils peuvent cacher dans chaque banque au monde. Et puis voilà. C'est ce qu'il a confirmé.

Denis Robert:
Donc Clearstream c'est...

Un témoin anonyme:
Absolument, ça sert aussi à faire des transactions normales mais, ceux qui veulent utiliser CLEARSTREAM comme lessiveuse, ils ont la meilleure lessiveuse du monde, ça c'est sûr.

Jacques-Philippe Marson, PDG Securities & services BNP PARIBAS:
Bon maintenant on peut se poser la question intéressante, j'étais directeur général, je n'avais aucun pouvoir d'accès à la finance. Donc c'est assez intéressant.

Denis Robert:
C'est à dire que vous étiez pas au courant de comment c'était comptabilisé ?

Jacques-Philippe Marson, PDG Securities & services BNP PARIBAS:
Non en fait, Lussi se réservait un certain nombre d'activités, et en particulier, encore une fois, on tombe sur les deux mêmes terrains, le terrain de contrôle, ce qu'on peut appeler le contrôle financier, donc les finances de l'organisation, et la gestion des ressources humaines dans l'organisation, c'étaient des chasses absolument gardées.

Jacques-Philippe Marson, PDG Securities & services BNP PARIBAS:
Je n'avais aucun pouvoir d'accès à la finance.

Témoin anonyme:
Voilà, ça c'est la phrase clé de tout ce film là. Le directeur général n'avait pas accès à la finance. En tant que directeur général vous n'avez pas accès à la finance. Nommez moi une banque ou une organisation au monde où le directeur n'a pas accès aux finances. UNE, ça n'existe pas.

Denis Robert:
Mais qui avait accès aux finances ?

Témoin anonyme:
Ben Lussi.

Jacques-Philippe Marson, PDG Securities & services BNP PARIBAS:
donc qu'il interdisait à son équipe de management, d'avoir des contacts, avec les membres du conseil d'administration

Denis Robert:
Le conseil d'administration, il est au courant de tout cela ?

Témoin anonyme:
Il aurait du l'être. Il aurait du l'être. Le conseil d'administration est informé par Lussi.

Denis Robert:
Et si Lussi n'informe pas, ils sont pas au courant.

Témoin anonyme:
Ils ne sont pas au courant.

Denis Robert:
La direction financière implique un accès à la comptabilité. Or les comptes de CLEARSTREAM réservent des surprises. Tous reconnaissent l'importance des comptes non publiés. Certains confirment même l'histoire que nous avait raconté le juriste, Jean Philippes Boever, et Ernest Backes à propos d'une hypothétique double comptabilités.

Ernest Backes:
Sur la fin d'une des premières années 90, il s'est passé une très drôle chose dans CEDEL, le comptable en charge de la comptabilité propre à CEDEL... montrait à la fin de l'année une perte sur tout ce qui concernait la partie officielle, donc les comptes publiés. Et Lussi a exigé alors ou voulait exiger de ce chef comptable, qu'il  aille puiser dans la partie occulte, donc dans la comptabilité des comptes non publiés, où il y aurait eu d'après ce qu'on m'a raconté, abondance de bénéfices, et transcrire des bénéfices, cette partie là, sur la partie officielle largement déficitaire en fin d'année. Alors le comptable disait à Lussi qu'il n'était pas près à faire ce travail, il refusait de le faire, et que si la situation était telle. que si Lussi il insistait, lui il donnerait sa démission.

Denis Robert:
Nous évoquons ici, la comptabilité interne à la firme. C'est à dire les bénéfices générés par les droits versés par les clients de CEDEL CLEARSTREAM. Comment sont comptabilisés, les droits des clients non publiés ? Ils seraient, selon le témoin, séparés de la comptabilité générale, et aurait une comptabilité propre, et impénétrable. Je retrouve cet ancien comptable démissionnaire, qui a perdu la mémoire. La firme nous semble suffisamment importante, pour que nous l'enregistrions à son insu.

Denis Robert:
Il dit que vous avez demandé de faire ça.

Témoin anonyme:
Ah là là, non, non parce que, de mon temps tous les comptes étaient publiés, à 100 %.

Denis Robert:
Ce système à une comptabilité propre qui n'est pas consolidé à la comptabilité.

Témoin anonyme:
Mais KPMG a signé le rapport.
(KPMG est une société d'audit)

Denis Robert:
KPMG l'a compris, l'a su et a fermé les yeux.

Témoin anonyme:
Impossible, impossible, non ça ne marche pas comme ça. C'est juste une rumeur, ce serait nécessaire de vérifier, c'est très délicat.

Denis Robert:
Mais pour quelle raison vous êtes parti, vous êtes parti en très mauvais terme?

Témoin anonyme:
C'est très simple, moi je suis parti parce que Lussi n'aime pas les personnes qui aiment les femmes.

Denis Robert:
On a vu différentes personnes dont le comptable, dont je vous ai donné son nom tout à l'heure qui lui nie. Il dit moi si je suis parti, c'est pour une histoire de femme.

Un autre témoin anonyme:
Il a peur, il a peur, ce n'est pas une histoire de femme.

Denis Robert:
Il est parti pourquoi d'après vous ?

Témoin anonyme:
Parce qu'il ne faisait plus avec, il refusait, parce que c'était, comment dire. C'était illégal, c'était illégal, ce qu'il faisait. Il refusait de collaborer, et alors tout de suite quand on refuse de signer, il y a d'autres exemples qui étaient avant. Je ne peux pas citer les mecs, mais... Dès qu'on disait une fois non, c'était vraiment terminé.

Denis Robert:
Mais vous, vous avez peur de Lussi encore aujourd'hui.

Témoin anonyme:
Non

Denis Robert:
Vous craignez seulement par rapport à votre boulot.

Témoin anonyme:
Pour mon boulot, oui.

Denis Robert:
C'est pour ça que vous ne pouvez pas apparaître physiquement, enfin qu'on vous reconnaisse dans le film.

Témoin anonyme:
Exact, on peut pas...

Denis Robert:
Par contre sur les informations que vous nous donnez vous êtes formel ?

Témoin anonyme:
Je suis formel.

Denis Robert:
Nous sommes avec cette histoire de double comptabilité, au coeur du problème. Celui de l'existence à l'intérieur du système de clearing, de ce sous système seulement accessible aux initiés. Celui de la révélation d'une finance véritablement parallèle. Quel est le contrôle exercé sur CEDEL CLEARSTREAM ? Selon nous, il est quasiment nul. Lussi, numéro un de CEDEL CLEARSTREAM depuis près de 10 ans, sous couvert de son conseil d'administration, fait pratiquement ce qu'il veut. Ce que nous dit en langage plus feutré, Jacques Philippe Marson.

Jacques-Philippe Marson, PDG Securities & services BNP PARIBAS:
Alors quand vous êtes organisme financier avec licence bancaire, vous êtes automatiquement contrôlé par la banque centrale. Donc le Luxembourg est un peu un cas particulier, puisque CEDEL d'une part, était une banque qui jusqu'en je pense 95, a fonctionné comme banque, sans avoir de licence bancaire, est devenu une banque, mais dans un pays qui n'avait pas de banque centrale, puisque c'était l'IML (Institut Monétaire Luxembourgeois). La banque centrale, la fonction de banque centrale était conjointement exercée par la banque centrale de Belgique, et l'IML. Alors je ne pense pas que les autorité belges, aient eu beaucoup plus de facilité que les autorités luxembourgeoises, a contrôler ce genre d'ANIMAL. Ils n'ont probablement jamais très bien compris, de quoi il s'agissait.

Denis Robert:
Les dirigeants des sociétés de clearing aiment la pub, mais détestent par dessus tout la publicité concernant leur existence, et leur véritable fonction. Ils ont leurs attachés de presse, leurs journaux spécialisés, leurs revues luxueuses, leurs guerres intestines. Tout ce qui concerne leur stratégie, doit rester le plus loin possible du regard des autres. Ils dépensent une énergie considérable à amadouer la presse financière. Les adeptes du clearing, ont horreur des questions, surtout les plus simples, et des poseurs de questions.

Denis Robert:
Est-ce qu'on peut dire que c'est les notaires du nouveau monde ?

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Ouais.

Denis Robert:
Puisque c'est là que tout est enregistré, finalement.

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Voilà, voilà, non c'est un, voilà. Vous savez aujourd'hui vous avez l'argent, des billets de banque, c'est peut être 5 % le reste est électroniquement.

Denis Robert:
Ben oui, je sais bien.

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Mais l'argent est toujours là. L'argent est toujours là, mais c'est quand même dans vos archives, ou dans votre mémoire à vous, dans la mémoire des sociétés de clearing internationale, que se trouve la propriété.

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Oui, oui c'est enregistré. Voilà c'est enregistré.

Denis Robert:
Parce que s'il y a des litiges, ou si des gens, c'est vous qui pouvez en dernier recours dire...

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Oui dans ces ...., c'est pas parce que, vous et puis moi, comme individu avons un compte en banque. Et puis c'est la banque qui est responsable envers vous et puis moi. Mais les banques ont des comptes avec vous. Donc nous sommes si vous voulez le notaire de toutes les banques, institutions.

Denis Robert:
Ben oui, mais en même temps vous êtes le dernier recours.

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Voilà exactement.

Denis Robert:
Le dernier endroit où.

André Lussi, PDG de CEDEL CLEARSTREAM:
Et puis là on peut tout trouver. Voilà. Toute est la dedans.

Denis Robert:
Reprenons.  D'un côté CEDEL CLEARSTREAM aide au paiement d'une rançon, d'un autre il permet à une banque pakistanaise de recycler des fonds. D'un côté la firme luxembourgeoise aide le gouvernement américain ou le VATICAN, d'un autre les mafieux russes. L'équilibre n'est jamais rompu. Le Luxembourg joue l'entremit. On se sert du système entre initiés. C'est leur secret. C'était leur secret. Nous touchons avec ce film à une faille. Le contrôle des banques entre elles, et l'entente de ces banques et multinationales cherchant à dissimuler leurs gains, ont conduit à des dérives. Personne à long terme, n'a intérêt à continuer à supporter çà. La découverte des circuits parallèles du clearing, nous fait voir ces points névralgiques, où se rencontre des argents de toute nature. Nous avons mis un oeil, là où on ne va pas tarder à nous expliquer, qu'il ne fallait pas aller voir, mais c'est trop tard.

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Anne Gintzburger:
Alors c'est vrai qu'il est sans doute un peu tôt pour essayer d'imaginer l'impact réel de cette enquête, dont par ailleurs Denis Robert à fait un livre, qui est sorti ces jours ci.

Paul Moreira:
Oui Révélation$ aux éditions les Arènes. En tout cas ce qui est sûr, c'est que la justice maintenant ne peut plus ignorer qu'il y a cet endroit où sont concentrées toutes les informations sur les allées et retours bancaires qu'ils soient noirs, gris ou blancs, et à mon avis c'est un outil qu'on vient de leur offrir.

Anne Gintzburger:
Et nous en tout cas on se retrouve pour un prochain numéro de 90 minutes le 27 mars prochain. Merci beaucoup.

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n04°) LE  LIVRE
REVELATION$


DENIS ROBERT
ERNEST BACKES
Edition, les arènes
Cette histoire peut paraître extraordinaire, elle l'est.

 

Un homme du sérail, qui connaît les us et coutumes du village financier, raconte, de l'intérieur, l'histoire secrète d'une association de banques née en 1971 et devenue en moins de trente ans un véritable monstre financier.

Notre homme a été le Numéro de cette société, chargée de faire transiter les fonds et des valeurs sur toute la planète. Depuis le Luxembourg, les ordinateurs de cette firme brassent des trillions de dollars et d'euros (compter douze zéros après l'unité)

L'enquête de Denis Robert nous conduit là où personne n'a jamais pu pénétrer : dans les coulisses de la finance internationale. Sur les pas d'Ernest Backes, l'insider (le témoin de l'intérieur), nous découvrons avec effroi des activités inavouables : dissimulation de comptes au nom des institutions les plus honorables, complicité avec des banques mafieuses, ramifications innombrables avec des affaires existantes en France et ailleurs, circuit de blanchiment de narcodollars ou paiement de rançons...

Pas une page ou presque sans révélations.

Dans le no man's land de la faxmoney, il existait un point aveugle, un centre névralgique où des milliers de transactions étaient enregistrées et archivées. C'était un secret jalousement gardé. Le système avait tout prévu. SAUF CE LIVRE.

Ce livre peut être commandé sur:
http://www.amazon.fr/

Ernest Backes est un ancien cadre bancaire luxembourgeois.

Denis Robert est écrivain. Il est également l'auteur de " Pendant les affaires, les affaires continuent ", et de " La justice du chaos", qui permit à sept grands magistrats européens de lancer l'appel de Genève.


 
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n05A°) J.T. Reportage France 2 du 01/03/2001 - Claude Sérillon:

La mission parlementaire sur le blanchiment de l'argent sale, veut entendre les auteurs du livre révélation, avec un S à la fin, un S en forme de dollar, publié aux éditions des Arènes. Denis Robert et le financier Luxembourgeois BACKES, les auteurs, racontent dans leur ouvrage tout un système de comptes et de transactions financières, susceptibles de dissimuler des pratiques illégales.

Journaliste:
Révélation$ au pluriel. Quand un ancien banquier choisit un titre pareil pour son livre, la finance mondial a peut être du souci à se faire. Lorsqu'en plus il vient du Luxembourg, un pays où le secret bancaire est sacré au point d'être inscrit dans la constitution, on peut s'attendre à un ouvrage explosif.

Ernest Backes:
Certaines chose au Luxembourg ayant assez duré, il faut que quelqu'un prenne le mauvais rôle que je prends aujourd'hui et prenne les risques qui existe peut être.

Journaliste:
Car il s'attaque à une fierté de son pays, une société de compensation internationale. Une sorte de grande bourse d'échange, où les banques du monde entier déposent leurs valeurs. Il n'y en a que deux en Europe, celle du Luxembourg, c'est Clearstream (s'appelait avant CEDEL). Ernest Backes en a été l'un des fondateurs il y a trente ans. Il a été licencié en 83, aujourd'hui il dénonce un système de blanchiment d'argent sale. Explication, chaque banque cliente, a un compte officiel. On dit publié. Toutes les autres banques en connaissent l'existence. En option Clearstream propose un deuxième compte non publié celui-là, les banques peuvent y mettre leur filiales à l'abris des regards. Ces comptes non publiés, il y en avait deux en 83, 2000 en 1995, 8000 l'année dernière (en 2000). Pourquoi un tel succès, pour échapper aux enquêtes.

Ernest Backes:
Pour prouver à la police qu'officiellement et sur les comptes officiels CEDEL, il y a pas trace sur les opérations que vous recherchez.

Journaliste:
Elles disparaissent un peu comme dans un trou noir ?

Ernest Backes:
Elles disparaissent comme dans un trou noir.

Journaliste:
Dans son livre plusieurs cas troublants, le crédit lyonnais par exemple. Il perdait des milliards dans les années 80, à la même époque il disposait de 23 comptes non publiés, un record. La BCCI, une banque pakistanaise qui blanchissait l'argent de la drogue, a utilisé un compte non publié. Quant à la MENATEP, banque russe au coeur d'une affaire de détournement de fonds, elle avait un compte non publié sans même être officiellement cliente de Clearstream.

Denis Robert:
Il y a aussi les mafieux énormément. Il y a aussi beaucoup de sociétés qui sont inscrites dans des paradis fiscaux qui se servent de cet outil pour transférer leurs fonds quoi. Mais cet outil a une mémoire aussi, donc on peut, ce qu'il y a de formidable c'est qu'ils sont presque pris à leur propre piège aujourd'hui. C'est à dire que grâce aux documents qu'on a découvert, on peut retracer un certain nombre d'itinéraires financiers.

Journaliste:
Chez Clearstrem on dément en bloque et on attaque les auteurs du livre en diffamation. Tout ceci ne serait qu'invention malveillante, et vengeance d'un ancien dirigeant licencié.

David Cowan, directeur des relations extérieurs de Clearstream:
Les comptes non publiés comme les comptes publiés sont de simples outils d'information qui permettent à nos clients de vérifier certains détails de leur comptes, leur nom, leur numéro de code, avant d'envoyer une instruction. C'est aussi simple que cela.

Journaliste:
Simple, sauf lorsqu'on pose au grand patron ici à gauche des questions précises sur tel ou tel client, là pas de réponse, question de déontologie nous dit-on. De quoi intriguer aussi certains magistrats, spécialistes des affaires de blanchiment.

Bernard Bertossa, procureur de Genève en Suisse:
Dès l'instant où on découvre qu'il existe des opérations qui sont occultées au sein même de ces organismes, le soupçon naît obligatoirement.

Journaliste:
D'autre part est-il bien sein que des entreprises possèdent des compte de ce genre et pas seulement des établissements bancaires ?

Bernard Bertossa, procureur de Genève en Suisse:
Alors si c'est vraiment le cas, c'est certainement contraire à toutes les lois sur le blanchiment.

Journaliste:
La justice ne s'est jamais intéressée à Clearstream. Le pourra-t-elle désormais, Ernest Backes promet tous les documents nécessaires, aux juges qui en feront la demande.

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n05B°) J.T. Reportage France 2 du 25/05/2001-20h00 :

Venons en à cette affaire qui touche le monde de la finance au Luxembourg mais dont les ramifications pourraient ébranler le système bancaire européen. Pour l'instant, une information judiciaire a été ouverte. Elle concerne Clearstream, un établissement très réputé de Gand Ducher qui aurait pratiqué un système de double comptabilité.

Pour ce qui est d'ébranler le système bancaire européen, je ne suis pas d'accord, car on doit parler en réalité du système bancaire international. Les américains sont en effet partie prenante dans le système de dissimulation. Ourtant la presse française s'abstient de cité le nom des administrateurs et notamment celui du Président qui est l'ancien secrétaire de Rockefeller.

Blanchiments, abus de biens sociaux, faux et usages de faux, au Luxembourg, il y a des mots comme ça, qu'on emploie très rarement. Derrière ces allures de gentilles bourgades médiévales parfois un peu kitch, le Grand Ducher, connaît pour la première fois un scandale financier retentissant. Une fierté et l'un des premiers employeurs du pays, la société CLEARSTREAM, fait l'objet d'une enquête pénale. En mars dernier, un livre accusait CLEARSTREAM d'être devenu une grande lessiveuse de l'argent sale. Le procureur a mené une enquête préliminaire, premier résultat concluant.

Jems Oosley a déclaré que Echelon était utilisé pour combattre la corruption et l'argent sale, en Europe et notamment en France. Je propose qu'on leur suggère d'aiguiller les grandes oreilles d'Echelon en direction de leurs dirigeants d'institutions financières.

Carlos Zeyen, substitut du procureur du Luxembourg:
Nous avons pris comme période de référence les dix dernières années, et nous avons interrogé pour l'essentiel, les dirigeants en charge des finances et de l'informatique, au courant de cette période.

Journaliste:
Ils ont confirmé ou en tout cas pas démentis ce qu'il y avait dans le livre.

Carlos Zeyen, substitut du procureur du Luxembourg:
Si tout avait été démenti, il n'y aurait certainement pas eu ouverture d'une instruction judiciaire.

Le livre s'appelle justement Révélation$. Les auteurs Ernest Backes, un ancien dirigeant de CLEARSTREAM, et le journaliste Denis Robert. Auditionné récemment par les députés français, ils ont expliqué que pour eux, CLEARSTREAM à la base un simple outil au service des banques, est devenu un monstre financier incontrôlable. Le système reposerait sur une double comptabilité. En principe, toute banque cliente de CLEARSTREAM dispose d'un compte officiel, ont dit publié. En option elle peut ouvrir un sous compte, on dit non publié, plus souple, plus discret.  Le succès des comptes non publiés a été fulgurant, 2 en 1983, 2000 en 1995, près de 8000 en 2000. Certaines banques en étaient curieusement friandes. Exemple le Crédit Lyonnais, 17 comptes non publiés en 95, le record pour une banque française. Plus grave encore, une banque russe liée à la mafia,  la banque MENATEP avait seulement un compte non publié. L'opacité totale garanti.

Vincent Peillon, Président de la mission parlementaire sur le blanchiment des capitaux:
C'est l'existence avérée si c'était confirmé, une finance parallèle. C'est cette organisation qui permet à la criminalité de prospérer.

CLEARSTREAM a toujours démenti. En mars dernier c'était par la voix de son directeur, André Lussi. Mais aussitôt un juge nommé, André Lussi a été suspendu de ses fonctions, comme si les propriétaires, une centaine des plus grandes banques du monde,espéraient que le grand déballage s'arrête là.

Les administrateurs en toute logique devraient être poursuivis, car il ne pouvait pas ignorer l'existence de ce système.

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n06°) LES DERNIERES NOUVELLES

de Denis Robert:
Date:   28/04/2001 16:52:26
Le vendredi, tous les banquiers sont gris.
Pour l'anecdote, et afin de vous tenir au courant, par brides, de ma bataille au long cours. Sachez qu'aujourd'hui vendredi 27 avril, une nouvelle plainte en diffamation vient de nous arriver (le Monde ne l'a pas encore évoqué, ça ne saurait tarder). Cette fois-ci, comble de l'exotisme, elle débarque de Russie. La MENATEP trouve que nous avons attenté à son honneur de banque, dans le livre Révélation$. Nul doute qu'André Lussi est derrière cette nouvelle plainte. Ça s'appelle du harcèlement judiciaire et ça n'est pas puni par la loi, quand on a plein d'argent pour se payer plein d'avocats.... La stratégie de Lussi et de Clearstream est assez grossière, mais bon.

Date :    11/05/01 19:38:21
Information ouverte ce jour à Luxembourg pour blanchiment, détournement de fonds, création d'une double comptabilité, abus de bien social, etc... contre André Lussi et Clearstream.

Date :    15/05/01 19:26:38
André Lussi, pdg de Clearstream a été licencié ce soir à 18 heures.

Date 20/05/2001: l'auteur du site:
J'ai appris que certains actionnaires ou sociétaires avaient l'intention d'attaquer en justice des banques françaises, qui avaient des comptes non publiés. J'ignore leur nombre et si cette action va s'amplifier, mais elle commence.

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n07°) DEDUCTIONS de l'auteur de ce site :

Mon opinion est la suivante sur tous ces comptes occultes -
Si toutes les banques françaises ont des comptes non publiés, toutes ces sommes ne sont pas comptabilisées dans le chiffre d'affaire, et dans la cotation des actions. Ce qui veut dire que l'on cache des choses aux actionnaires, et notamment sur la valeur réelle de leurs actions. Sur un plan logique, ces derniers peuvent-ils donc déposer une plainte contre les banques, pour falsification sur la valeur réelle de leurs actions ? La réponse me paraît évidente.
Mais cela veut dire que toutes ces banques ont fraudé le fisc, et font de la dissimulation. Donc là aussi en toute logique, la justice des gouvernements respectifs de chaque pays, devraient donc engager des poursuites à l'encontre de toutes ces banques qui ont fraudé le fisc. Si cela n'est pas fait, cela implique la responsabilité des gouvernements et des ministres, et ils cautionnent le système,  par conséquent ils cautionnenttout un système de détournement d'argent, et dans ce cas ils sont complices. Peut-on dire que les ministres sont complices d'abus de bien sociaux ou plutôt d'incitation ? Là, c'est aux experts juridiques de répondre. Tout le monde sait ce qui arriverait à n'importe quel citoyen ou petite entreprise qui aurait un compte en suisse, et à plus forte raison, un compte non déclaré.

Les autorités américaines ont scellé une filiale de la BCCI en Floride, provoquant sa chute. Si dans CEDEL, 50 % des comptes sont non publiés, pourquoi la même mésaventure ne pourrait elle pas se reproduire, comme pour la BCCI. Tout simplement parce que pour commencer, elle est à sa façon sous contrôle américain, bien qu'étant au Luxembourg. C'est de plus un site de transit international, qui de surcroit est sous le contrôle de l'américain Robert Douglas, ex-secrétaire de Rockefeller (qui dirige la Manhattan Chase Bank). Or ce dernier fait parti avec Henry Kissinger du premier cercle, du très secret groupe Bilderberg, qui n'aime pas non plus comme les banquiers, la presse et la publicité. Ce groupe d'une centaine de personnalités inconnues du public, préside aux destinées de la planète, ou même des guerres qui l'anime, et cela sans le moindre contrôle de la presse, et encore moins des populations. Mais à travers cette petite explication, on comprend mieux aussi qui contrôle la valeur réelle de l'EURO. On comprend aussi pourquoi les politiciens français ou européens soutiennent la mondialisation. C'est tout simplement parce qu'entre leurs petits secrets captés par Echelon, et leurs finances connues de certains, ils n'ont là non plus pas le choix, et ne peuvent s'y opposer. Voilà 2 ou 3 vérités génantes de plus.

Note: Dans le livre et le reportage, des extraits de listing sont présentés et l'un montre un compte de la Banque de France intitulé DGSE. Ce sigle n'aurait rien à voir avec nos services spéciaux français appelé Direction Générale des Services Extérieurs. Il s'agit en fait d'un compte de la Banque de France intitulé « Division Générale des Services Etrangers ». Les deux intitulés sont proches, sauf que le dernier serait destiné à soutenir en toute discrétion la valeur de notre franc en période de crise. Enfin c'est ce que dit la Banque de France.

Le Luxembourg à 430.000 habitants.
CEDEL a été créé le 28/09/1970. 554 milliards de dollars ont été capitalisés en bourse en 1999 sans parler des 1000 milliards d'investissement.
 

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n08°) Portail des Sites traitant du livre Révélation$ sur CEDEL / CLEARSTREAM :

La Lettre du Blanchiment à dès sa sortie soutenu ce livre, qu'elle a considéré comme explosif alors qu'une grande partie de la presse préférait l'ignorer a réalisé un dossier sur cette affaire, disponible sur son site dans la lettre du mois mai: http://www.lalettredublanchiment.com/

01 - Amazon.fr : Table des matières : Révélations
http://www.amazon.fr/exec/obidos/tg/detail/-/books/2912485282/contents/

02 - Article sélectionné
http://www.agefi.lu/mensuel/Article.asp?NumArticle=3871

03 - blanchiment d'argent sale par le biais des paradis fiscaux ...
http://filterman.multimania.com/offshore.htm

04 - blanchiment d'argent sale par le biais des paradis fiscaux ...
http://filterman.multimania.com/offshore.htm

05 - CANALPLUS.FR / ACTU / ARRET SUR INFOS
http://www.cplus.fr/actu/arret/article.asp?art=1121

06 - CANALPLUS.FR / ACTU / ARRET SUR INFOS
http://www.cplus.fr/actu/arret/article.asp?art=1128

07 - Canoë - Economie: l'information économique en ligne pour tous ...
http://www.canoe.fr/Economie/Experts/010228_Robert_CAN.html

08 - Champ libre
http://www.lcr-rouge.org/champli.html

09 - Pourquoi les banques françaises ont des comptes non publiés ...
http://www.multimania.com/filterman/clearing.htm

10 - Constitution Française et justice française
http://www.multimania.com/corruptn/05-39.htm

11 - HARLEM-DESIR
http://www.harlemdesir.com/htm/Revelations.htm

12 - Le fief d'Harcourt en 1430
http://www.ifrance.com/poitou/fiefHarcourt.htm

13 - LCI, La Chaîne Info, Minisites
http://www.lci.fr/wdsites/member/invpls_3475/index.asp

14 - Le Jeudi
http://old.le-jeudi.lu/Article.asp?ArticleNum=3428

15 - L Info du Jour - mercredi 28 mars 2001
http://investi.virtualave.net/L'INFO%20DU%20JOUR.htm

16 - LUX LAUNDRY
http://www.europarl.eu.int/gue/tree/news/en/statem/010313-7fr.htm

17 - Médiacteurs Hebdo en ligne: Nos articles
http://educaumedia.comu.ucl.ac.be/media/hebdo/hebdon/num/26/second/ eco.htm

18 - Médiclick
http://myweb.worldnet.net/~amgit44/logiciel/logiciel-mediclick.htm

19 - parlement
http://www.co-ra-li.com/parlement.htm

20 - Révélation$ sur Clearstream / Hypothétique, 02.03.01
http://www.land.lu/html/dossiers/dossier_justice/dossier_revelations/ hypothetique_020301.html

21 - www.harlemdesir.com/htm/Robert_et_Backes.pdf
http://www.harlemdesir.com/htm/Revelations.htm

22 - Untitled Document -
http://investi.virtualave.net/85%20SOFAXBANQUE.htm
 
 
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 01°) Introduction de l'auteur du site
 02°) Introduction - xx/03/2001
 03°) Le Reportage
 04°) LE LIVRE
 05A°) J.T. Reportage France 2 du 01/03/2001
 05B°) J.T. Reportage France 2 du 25/05/2001
 06°) LES DERNIERES NOUVELLES
 07°) DEDUCTIONS de l'auteur de ce site
 08°) Portail des Sites
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Nom du site : Scandales aux armes électromagnétiques.
Adresse du site : http://membres.lycos.fr/filterman/
Adresse e-mail : marcfilterman@hotmail.com
Auteur du site : Marc FILTERMAN